« Les dimensions d’espace et de lumière d’où l’on vient, forgent une sensibilité particulière dont on fait nos peintures » Daniel Lacomme

Bretonne d’origine, née en Normandie, j’ai vécu 20 ans dans le Nord, puis dans les Yvelines avant de m’établir à Castres en 1980. Orientation pressentie dès l’enfance, ma formation artistique vers la fin des années 60 fut  … académique. Je me suis épanouie dans les Arts Appliqués… Professeur diplômé d’Arts Appliqués en  lycée professionnel, j’ai pu me consacrer vraiment à la peinture à la fin de ma carrière d’enseignante avec une première exposition en 1996, centrée sur la figure, la danse, les corps en mouvement. Primait alors le plaisir du dessin, de l’expression du corps et des techniques sèches entre autres.

En 1999, la rivière en crue a emporté mon premier atelier… Depuis je me passionne pour les techniques où l’eau apporte ses aléas et sa magie : l’encre et l’aquarelle.

L’encre et le pinceau chinois, expérimentés auprès d’artistes chinois, me ravissent par les contrastes vibrants et les nuances infinies qu’ils procurent. D’autres belles rencontres artistiques m’ont aussi convaincue de poursuivre mon chemin dans la peinture, avec l’aquarelle… L’aquarelle vivante qui ne se laisse jamais complètement maîtriser. L’aquarelle que j’apprivoise autant qu’elle me révèle.

Mon désir de peindre nait d’un regard contemplatif sur les êtres, les choses, les éléments. Questionner le visible comme une méditation. Mon rapport au monde est parfois sociable et léger, parfois plus intérieur, quelquefois même plus cosmique… Après les portraits et les corps, il y eut les animaux, formidables passeurs de ce qui nous relie positivement au monde, les rochers et les arbres aimés, et la place de l’homme dans le paysage. Un voyage au Japon qui m’habite encore. Enfin, le Maroc où plusieurs séjours ont renouvelé ma palette. La terre et l’eau, la lumière et le vent. Un visage dans un paysage qui s’efface. Silence, présence… La mémoire du premier matin dans mon œil, émerveillé. Un émerveillement où le sentiment d’impermanence est présent.

Le réel est là, celui que je capte, qui m’a touchée. La première impression est souveraine. Ne pas la perdre. C’est le ferment de mes intentions… Alors la peinture prend le pas sur la représentation. Je compose. Je pense d’abord à la lumière et à une stratégie de réalisation propre à l’aquarelle. J’invite l’abstrait et l’imaginaire pour créer l’espace et le temps dans le lieu du tableau. L’expression spécifique de la matière, aussi légère soit-elle, est imprévisible. Elle me guide autant que je la guide. La peinture nait sous le regard, le temps d’un cycle de l’eau, ou de plusieurs…

Ce que je vois… n’est pas encore ce qui veut s’exprimer, d’un tableau à l’autre… Recommencer.

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